Sensibilisation au décrochage et à la vrille - octobre 2003

Types de décrochages

Les décrochages peuvent être effectués avec puissance ou avec moteur au ralenti. Ils doivent être pratiqués dans le but de familiariser l'élève avec les caractéristiques de décrochage particulières d'un l'appareil sans pour autant créer une situation potentiellement dangereuse. Les différents types de décrochages sont décrits ci-dessous :

  1. Décrochages au décollage (qui peuvent être classés parmi les décrochages avec puissance) sont effectués pour simuler des conditions et une configuration de décollage et de montée initiale. De nombreux accidents liés au décrochage et à la vrille surviennent lors de ces phases de vol, particulièrement au cours d'une remise des gaz. Parmi les facteurs ayant causé de tels accidents, citons l'incapacité du pilote à conserver une bonne maîtrise en tangage de son avion causé par un réglage de compensation en cabré ou une rentrée prématurée des volets. L'incapacité à bien conserver la maîtrise de l'avion lors d'un décollage court contribue également à ces accidents.
     
  2. Décrochages à l'atterrissage (qui peuvent être classés parmi les décrochages sans puissance ou avec moteur au ralenti) peuvent être effectués pour simuler des conditions et une configuration normales d'approche à l'atterrissage. Ces simulations doivent également être effectuées avec moteur au ralenti afin de correspondre aux caractéristiques d'approche de l'appareil utilisé pour la formation. De nombreux accidents liés aux décrochages et aux vrilles sont survenus dans les situations suivantes : croisement des commandes lors d'un virage de l'étape de base à l'étape de finale (provoquant ainsi un virage en dérapage ou en glissade), tentative de réduction d'un taux de descente élevé en approche finale en augmentant l'assiette en tangage et mauvaise surveillance de la vitesse en approche finale ou pendant d'autres segments du circuit.
     
  3. Décrochages à haute vitesse peuvent survenir à des vitesses supérieures à la normale, lorsqu'on déplace les commandes de façon brusque et/ou excessive. Ces décrochages peuvent survenir lors de virages serrés, de remises des gaz ou de modifications brutales de la trajectoire de vol. Ces décrochages à haute vitesse sont souvent plus graves et imprévisibles que les décrochages ordinaires.

Sortie d'un décrochage

L'élément primordial d'une sortie de décrochage réussie est de bien reprendre la maîtrise de l'appareil en réduisant l'angle d'attaque des ailes au premier signe de décrochage afin d'en augmenter la portance. En vol normal, la poussée requise sur la colonne de contrôle pour récupérer la portance varie d'un avion à l'autre. Une trop grande poussée sur la colonne de contrôle pourrait nuire à la sortie d'un décrochage en soumettant les ailes à une charge négative. L'étape suivante d'une sortie de décrochage consiste à appliquer la puissance maximale permise avec souplesse afin d'augmenter la vitesse de l'appareil et de minimiser la perte d'altitude. À mesure que la vitesse augmente et qu'il y a sortie du décrochage, la puissance doit être réglée dans le but de faire reprendre à l'appareil son vol rectiligne en palier normal en utilisant les commandes de façon pleinement coordonnée. Les limites supérieures de l'anémomètre et du tachymètre, si l'avion en est équipé, ne doivent en aucun cas être dépassées lors de la pratique de décrochages.

Décrochages secondaires

Un décrochage secondaire ou une vrille peut résulter d'un décrochage qui n'est pas fait correctement. Il y a possibilité de décrochage secondaire lorsqu'on tente de sortir d'un décrochage avant que l'appareil n'ait recouvré une vitesse de vol suffisante. Il faut, lors d'un tel décrochage, cesser de tirer sur la colonne de contrôle, comme pour une sortie de décrochage normal. L'appareil peut alors être remis en vol rectiligne en palier dès qu'une vitesse suffisante est atteinte.

Décrochages avec commandes croisées

On enseigne aux élèves à éviter les virages serrés à basse altitude. Si le prolongement de l'axe de la piste est dépassé lors d'un virage menant de l'étape de base à l'étape de finale, il y a tendance à « tricher » en se servant du palonnier intérieur au virage pour augmenter le taux d'inclinaison — ce qui exige un mouvement opposé du manche afin de maintenir l'angle d'inclinaison latérale. Le virage en dérapage résultant peut créer une perte d'altitude excessive qui invite à tirer sur la colonne de contrôle.

Cela peut mener, à l'extrême, à une situation au cours de laquelle il y a pleine déflexion arrière sur la colonne de contrôle qui est braqué à fond du côté opposé au virage avec plein palonnier du côté intérieur du virage. Il peut en résulter une aile intérieure qui décroche, provoquant une amorce de vrille brusque ou décrochage « par le bas ».

À l'opposé, lorsque l'appareil glisse, il peut y avoir décrochage « par le haut ». Au point de décrochage, l'appareil devrait prendre un mouvement de roulis en direction de l'aile haute.