Programmes de gestion de la fatigue: Exigences et guide d’évaluation

Facteurs de risque liés à la fatigue

Un examen des études effectuées dans ce domaine (notamment celles des groupes d’experts australien et canadien, et le rapport du consultant remis à Transports Canada [Sherry, 2000]), a mis en lumière un certain nombre de facteurs de risque susceptibles d’entraîner des défaillances causées par la fatigue chez les conducteurs.

  1. Poste d’une durée totale supérieure à 14 à 16 heures.
  2. Plus de 19 heures continues sans dormir.
  3. Période de travail entre 00:00 et 06:00.
  4. Moins de six heures de sommeil dans une période de 24 heures.
  5. Périodes de repos trop courtes (moins de 8 heures) pour permettre de récupérer.
  6. Plus de 64 heures de travail continu (sans période de récupération) en sept jours.
  7. Moins de deux nuits consécutives de sommeil de récupération.
  8. Plus de cinq heures de travail continu sans au moins une pause de 30 minutes.
  9. Problème médical non diagnostiqué ou non traité (p. ex., apnée du sommeil) susceptible d’engendrer de la fatigue.
  10. Différences dans la capacité de dormir et dans la faculté d’adaptation (p. ex., âge, résistance).
  11. Qualité du sommeil.

Les éléments de la liste ci-dessus sont désignés « facteurs de risque » mais on ne peut affirmer, par exemple, que de donner à une personne deux nuits consécutives de sommeil suffira pour prévenir les accidents. Pas plus que l’on peut dire que la présence de facteurs de risque entraînera automatiquement un accident. Ces facteurs de risque sont fondés sur l’interprétation la plus plausible des données scientifiques disponibles. Il n’existe pas nécessairement de relation causale univoque entre ces facteurs et le fait que des accidents ou des blessures surviennent.

Comme le montre la figure 1, tirée du rapport sur la fatigue des conducteurs rédigé par le groupe d’experts australien de la fatigue, plusieurs des facteurs qui contribuent à la fatigue des conducteurs routiers peuvent aussi s’appliquer au personnel de l’industrie ferroviaire. Nous pouvons donc nous inspirer de ces résultats pour déterminer différents types d’activités et de mesures à intégrer à un programme d’atténuation des effets de la fatigue.

La principale façon de lutter contre le problème de la fatigue est d’élaborer un PGF qui prévient les causes de la fatigue et/ou qui en atténue les effets. Les principales mesures de lutte à la fatigue susceptibles d’être intégrées à un PGF sont regroupées dans la liste ci-dessous. Il y a lieu de combiner ces mesures, exposées en détail à l’annexe 1 (fiche de cotation du PGF révisée) pour réduire au minimum les risques liés à la fatigue :

  • sensibilisation et formation;
  • méthodes d’établissement des horaires;
  • situations d’urgence;
  • stratégies destinées à assurer la vigilance;
  • environnements de repos;
  • politiques de mise en œuvre;
  • évaluation du PGF et de l’efficacité de la gestion des équipes (GE).

Figure 1. Facteurs qui contribuent à la fatigue.