Programmes de gestion de la fatigue: Exigences et guide d’évaluation

Stratégies pour maîtriser les principaux facteurs de risque

Comme il a déjà été mentionné, diverses situations peuvent engendrer la fatigue. Six situations associées au risque le plus élevé ont été désignées Principaux facteurs de risque. Cinq autres sont désignées Autres facteurs de risque.

Principaux facteurs de risque

  1. Poste d’une durée totale supérieure à 14 à 16 heures.
  2. Plus de 19 heures continues sans dormir.
  3. Période de travail entre 00:00 et 06:00.
  4. Moins de six heures de sommeil dans une période de 24 heures.
  5. Périodes de repos trop courtes (moins de 8 heures) pour permettre de récupérer.
  6. Plus de 64 heures de travail continu (sans période de récupération) en sept jours.

Autres facteurs de risque

  • Moins de deux nuits consécutives de sommeil de récupération.
  • Plus de cinq heures de travail continu sans au moins une pause de 30 minutes.
  • Problème médical non diagnostiqué ou non traité (p. ex., apnée du sommeil) susceptible d’engendrer de la fatigue.
  • Différences dans la capacité de dormir et dans la faculté d’adaptation (p. ex., âge, résistance).
  • Qualité du sommeil.

Les six principaux facteurs de risque sont énumérés ci-après, accompagnés de suggestions de stratégies à intégrer à un PGF pour maîtriser ces risques. À noter : le contenu se recoupe parfois entre les divers facteurs de risque, car certaines grandes stratégies peuvent servir à maîtriser plusieurs facteurs de risque.

Au sujet des graphiques : Plusieurs stratégies liées aux Principaux facteurs de risque ont été examinées sous l’angle de leur efficacité globale à réduire la fatigue. On peut déterminer l’efficacité de la stratégie en regardant à quel moment la courbe franchit le seuil de fatigue recommandé, et jusqu’où elle descend sous le seuil. Pour lire le graphique, regardez d’abord l’axe vertical, qui représente le niveau de performance cognitive auquel la personne fonctionne. L’échelle va de 0 à 100. Ces valeurs, un peu à la manière de pourcentages, mais pas exactement, sont une indication de l’efficacité de la personne.

Par exemple, une valeur de 90 donne à penser que la personne est efficace à 90 %. En d’autres mots, la valeur représente l’efficacité ou la vigilance d’une personne sur une échelle de 0 à 100. Elle représente le degré d’efficacité d’une personne dans l’exécution de tâches simples, dans la détection de changements dans l’environnement ou dans la résolution de problèmes à l’intérieur d’un délai donné. L’axe horizontal correspond à la période de veille ou à la période de service. Les barres pleines à la base des graphiques montrent les cycles de veille/sommeil de la personne et l’heure du jour.

À la figure 2, la barre horizontale rouge indique la période pendant laquelle la personne travaillait. Les barres horizontales bleues indiquent les périodes de sommeil de la personne. Les barres grises indiquent les périodes où il faisait nuit.

Le « seuil d’efficacité optimale » est indiqué par une ligne pointillée qui correspond à peu près à la valeur 75. C’est que, selon une étude menée par le US DOT, des valeurs d’efficacité inférieures à 70 ont été associées à un risque accru d’accident causé par des facteurs humains. Ainsi, lorsqu’une personne obtient une valeur inférieure à 75, il faut commencer à se préoccuper car elle s’approche de la « zone rouge », délimitée par la valeur 70.

Facteur de risque nº1

Poste d’une durée totale supérieure à 14 à 16 heures.

Sensibilisation. La première mesure à utiliser dans ce cas, et dans la plupart des cas, est la sensibilisation. On ne saurait trop insister sur le rôle de la sensibilisation. Pour que des employés fonctionnent à leur maximum dans des situations associées à un grand risque de fatigue, ils doivent être pleinement conscients des effets de la fatigue et des moyens qu’ils peuvent prendre pour se préparer à ces situations qui induisent la fatigue.

Les programmes de sensibilisation doivent porter sur divers sujets, notamment la nature du travail posté, les divers types de postes, les rythmes biologiques du sommeil et de la fatigue, les effets de la fatigue sur la performance, l’hygiène du sommeil et les questions générales de santé et de mieux-être. Le programme de sensibilisation doit avoir pour but de rendre une personne capable d’utiliser ses connaissances pour obtenir un sommeil et un repos adéquats avant des périodes de service prolongé. Un but secondaire des programmes de sensibilisation est de faire en sorte que les employés aient les connaissances nécessaires pour combattre la fatigue lorsqu’ils sont au travail.

Temps de sommeil. Il est nécessaire de disposer de suffisamment de temps de repos pour obtenir tout le sommeil dont on a besoin pour éliminer les effets de longues heures de travail. Il importe de savoir que le simple fait d’accorder aux employés du temps de repos n’est pas toujours une garantie qu’ils pourront bien récupérer, si ces heures de repos tombent le jour. Beaucoup de personnes habituées à dormir la nuit ont de la difficulté à dormir le jour. Par conséquent, la personne doit disposer de suffisamment de temps pour obtenir, dans les faits, le sommeil dont elle a besoin, étant donné qu’elle peut être en congé sans pouvoir vraiment se reposer.

Lorsque la durée d’un poste dépasse 14 à 16 heures, il est recommandé de prévoir une période de sommeil continu d’au moins six à huit heures avant la prochaine période de travail. Cela signifie également que, dans certains cas, il peut être nécessaire de surveiller de plus près une personne qui a des heures de sommeil restreintes depuis plusieurs jours. De plus, des employés qui finissent une longue période de travail devraient obtenir des heures de congé supplémentaires pour pouvoir récupérer avant de reprendre le travail.

Selon les études publiées, si la période de service dépasse 19 heures, la probabilité de dégradation de la performance est beaucoup plus grande. Il faut donc, quand cela se produit, donner à la personne la possibilité de se reposer le plus tôt possible.

Une autre mesure possible, si la période de service dépasse 19 heures, consiste à permettre à la personne de faire des siestes d’au moins 20 minutes – mais pas plus de 45 minutes – pendant qu’elle est en service. Les courtes siestes se sont révélées avoir un effet très positif sur la performance, effet qui peut durer plusieurs heures. Malgré les éventuels effets négatifs de l’inertie du sommeil (c.-à-d. la confusion habituellement ressentie à l’éveil), les avantages de la sieste surpassent nettement les inconvénients.

Un autre point à prendre en compte, lorsqu’on élabore un PGF destiné à contrer les effets des longues heures de travail, c’est de choisir des personnes qui sont assez reposées pour bien exécuter le travail. Choisir des personnes qui ont dormi au moins huit heures au cours de la période de 24 heures (de préférence au cours de la nuit) précédant la période de travail augmentera la probabilité qu’elles soient en mesure d’exécuter le travail correctement.

Hygiène du sommeil. Certaines conditions sont nécessaires pour qu’une personne puisse bien dormir, d’un sommeil réparateur. Par exemple, une pièce sombre et calme contribuera à rendre le sommeil davantage réparateur.

Alimentation. Une utilisation judicieuse des stimulants alimentaires en vente libre est une autre mesure recommandée pour maîtriser le risque de fatigue. Par exemple, la caféine aide à améliorer la vigilance. Nombre de boissons et d’aliments courants contiennent de la caféine. Il faut encourager les employés susceptibles de se trouver dans des situations à haut risque à consommer des aliments et de la gomme à mâcher contenant de la caféine. Naturellement, pour porter au maximum les effets positifs de ces aliments, il faut les consommer de manière judicieuse. Là encore, les personnes doivent être sensibilisées à la manière de faire une utilisation sage de ces produits.

Horloge biologique. Si la période de travail est programmée à un moment où la personne est susceptible d’être complètement éveillée, tout va bien. Mais si l’employé doit travailler au cours d’une période où son horloge biologique l’inciterait normalement à dormir, il est bon de prévoir des mesures supplémentaires pour contrer la fatigue, comme une surveillance plus étroite, l’ajout d’équipes, de la supervision et des contacts avec d’autres personnes. Il peut aussi être nécessaire d’intégrer des périodes de sieste à l’horaire.

Activités. Plusieurs études ont démontré que de s’efforcer de demeurer physiquement actif aide à repousser le sommeil. Ainsi, marcher, parler ou exécuter des tâches intéressantes et stimulantes pour contrecarrer les effets de la somnolence sont des techniques qui se sont révélées utiles. En définitive, il est nécessaire de prévoir de courtes pauses qui favorisent l’activité pour aider à combattre la propension au sommeil.

Environnement. Il importe de maintenir, autant que possible, des conditions environnementales favorables, comme un bon éclairage, une température adéquate et un niveau sonore approprié. La lumière vive est davantage susceptible de favoriser la vigilance. Lorsqu’on essaie de dormir, il est recommandé de créer un environnement sonore qui comprend un bruit blanc ou de la musique douce. À l’inverse, les sons qui suscitent l’intérêt et l’attention portent davantage à la vigilance.

Facteur de risque nº 2

Plus de 19 heures continues sans dormir.

La règle actuelle précise qu’une période de travail ne doit pas dépasser 12 heures. Mais il peut se présenter, à l’occasion, une situation où des employés, pour une raison ou une autre, demeurent en service plus longtemps. Il se peut, lors d’une période de service prolongé, qu’une personne demeure éveillée pendant plus de 19 heures. Il peut aussi arriver que les employés travaillent 18 heures en une journée lorsque, par exemple, ils travaillent neuf heures, ont trois heures de repos et travaillent une autre période de neuf heures, pour un total de 18 heures en service.

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Figure 2. Efficacité pendant un poste de jour de 19 heures.

La figure 2 illustre les niveaux d’efficacité d’un employé pendant un poste de jour d’une durée de 19 heures. Comme un peut le constater, l’efficacité diminue de façon marquée au bout des trois quarts, environ, de la période de service. Comme il a déjà été mentionné, cette situation pose problème en ce que la plupart des études indiquent que l’individu moyen connaît une baisse de performance cognitive après 19 heures de veille. De fait, cette dégradation de la performance cognitive est équivalente à celle occasionnée par d’autres facteurs (comme l’alcool).

Par ailleurs, la figure 3 montre les niveaux d’efficacité estimatifs associés à un poste de nuit de 19 heures, même après une nuit complète de sommeil. Le niveau d’efficacité est inférieur au seuil optimal pendant plus de la moitié du poste.

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Figure 3. Efficacité pendant un poste de nuit de 19 heures.

Sensibilisation. Les employés doivent être sensibilisés au risque de dégradation de la performance associé à des périodes de veille prolongées. Ils doivent notamment être mis au fait des études qui révèlent une diminution importante de la performance avec chaque heure de veille au-delà de 19 heures. Les programmes de sensibilisation doivent communiquer l’information sans détour et passer en revue les effets engendrés par une période de veille prolongée.

Temps de sommeil. Lorsque des employés sont exposés à ces types de situations, il faut intervenir rapidement afin de leur accorder des heures de récupération suffisantes pour qu’ils obtiennent le repos dont ils ont besoin. Comme on l’a vu plus haut, le simple fait d’accorder aux employés du temps de repos n’est pas toujours une garantie qu’ils pourront bien récupérer, si ces heures de repos tombent le jour. En effet, la plupart des personnes habituées à dormir la nuit ont de la difficulté à dormir le jour. Par conséquent, la personne doit disposer de suffisamment de temps pour obtenir, dans les faits, le sommeil dont elle a besoin, étant donné qu’elle peut être en congé sans pouvoir vraiment dormir.

Alimentation. Une utilisation judicieuse des stimulants alimentaires en vente libre est une autre mesure recommandée pour maîtriser le risque de fatigue. Par exemple, la caféine aide à améliorer la vigilance. Nombre de boissons et d’aliments courants contiennent de la caféine. Il faut encourager les employés susceptibles de se trouver dans des situations à haut risque à consommer des aliments et de la gomme à mâcher contenant de la caféine. Naturellement, pour porter au maximum les effets positifs de ces aliments, il faut les consommer de manière judicieuse. Là encore, les personnes doivent être sensibilisées à la manière de faire une utilisation sage de ces produits.

Horloge biologique. Si la période de travail prolongée englobe la plage de 00:00 à 06:00, l’horloge biologique engendrera vraisemblablement une somnolence excessive. Par conséquent, comme l’employé travaillera au cours d’une période où son horloge biologique l’incitera normalement à dormir, il est bon de prévoir des mesures supplémentaires pour contrer la fatigue, comme une surveillance plus étroite, l’ajout d’équipes, de la supervision et des contacts avec d’autres personnes. Il peut aussi être nécessaire d’intégrer des périodes de sieste à l’horaire.

Activités. Plusieurs études ont démontré que de s’efforcer de demeurer physiquement actif aide à repousser le sommeil. Ainsi, marcher, parler ou exécuter des tâches intéressantes et stimulantes pour contrecarrer les effets de la somnolence sont des techniques qui se sont révélées utiles. En définitive, il est nécessaire de prévoir de courtes pauses qui favorisent l’activité pour aider à combattre la propension au sommeil.

Facteur de risque nº 3

Période de travail entre 00:00 et 06:00.

Travailler entre 00:00 et 06:00 est susceptible d’occasionner une plus grande propension au sommeil que travailler alors qu’il fait jour. Dans les PGF conçus pour maîtriser les risques de fatigue associés aux postes de nuit, la sensibilisation doit constituer une mesure de prévention importante. Le PGF doit aussi comprendre d’autres mesures pour contrer la fatigue, notamment du temps de repos, la consommation de stimulants alimentaires en vente libre, l’activité, et les environnements favorables à la vigilance.

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Figure 4. Postes de nuit de huit heures.

Les personnes qui travaillent entre 00:00 et 06:00 ont des obstacles considérables à surmonter pour faire échec à la fatigue et demeurer vigilantes. Cela est surtout dû au fait qu’elles combattent leur rythme circadien naturel qui pousse leur organisme à dormir. La figure 4 montre les niveaux d’efficacité estimatifs prédits par le modèle de fatigue. On y constate que la personne passe environ 50 % du temps sous le niveau d’efficacité ou de vigilance optimale. Des études ont montré que la vigilance et la capacité d’attention sont à leur minimum pendant cette période. La probabilité des accidents de la route est également beaucoup plus grande pendant cette période.

Il est particulièrement difficile de travailler pendant cette période car, comme la personne ne peut pas dormir pendant la nuit, elle doit se rattraper le jour. Or, le sommeil obtenu le jour est moins réparateur que le sommeil obtenu la nuit, ce qui encore une fois tient au rythme circadien. La plupart des travailleurs de nuit déclarent ne dormir que de quatre à six heures pendant le jour.

Sensibilisation. Le programme de sensibilisation évoqué ci-dessus doit porter sur divers sujets, notamment la nature du travail posté, les divers types de postes, les rythmes biologiques du sommeil et de la fatigue, les effets de la fatigue sur la performance, l’hygiène du sommeil et les questions générales de santé et de mieux-être. Le programme de sensibilisation doit avoir pour effet, à terme, de rendre une personne capable d’utiliser ses connaissances pour obtenir un sommeil et un repos adéquats avant et après ses périodes de travail de 00:00 à 06:00. Un but secondaire du programme de sensibilisation est de doter les employés des connaissances nécessaires pour combattre la fatigue lorsqu’ils sont au travail.

Le programme de sensibilisation doit exposer un certain nombre de mesures préventives. Par exemple, dormir le plus possible avant de prendre le service et éviter les heures de travail prolongées avant un poste de nuit. Essayer de dormir le matin qui suit immédiatement le poste de nuit est aussi une bonne stratégie.

Temps de sommeil. Idéalement, la personne qui travaille la nuit doit avoir eu suffisamment de temps pour dormir avant de prendre son service. Il est d’autant plus important d’arriver au travail bien reposé que la vigilance et la performance ont un lien direct avec la durée du temps de veille. Un des scénarios les plus à risque est celui d’une personne qui ne dort pas de la journée et qui doit ensuite travailler de 00:00 à 06:00. Une personne bien reposée peut certes s’en tirer, mais d’autres facteurs, comme l’ennui, l’obscurité et le manque de stimulation, peuvent accentuer la somnolence normalement ressentie pendant cette période.

De plus, une personne qui est éveillée depuis plusieurs heures et qui se voit obligée de demeurer vigilante entre 00:00 et 06:00 devra plus que quiconque combattre la fatigue. La sensibilisation doit donc mettre en garde l’employé contre les risques associés à cette période.

Après un tour de service englobant les heures de la nuit (00:00 à 06:00), l’employé doit bénéficier de suffisamment de temps de repos pour obtenir au moins huit heures de sommeil. Encore une fois, il est difficile d’obtenir du sommeil de qualité pendant le jour, mais l’employé doit tout de même essayer. Cette difficulté peut signifier qu’avec le temps, le travail de nuit contribue à l’accumulation d’une dette de sommeil. Une personne peut alors avoir besoin de temps de sommeil supplémentaire pour complètement éliminer ou rembourser sa dette de sommeil. Cela n’est pas toujours possible pour les personnes qui travaillent la nuit, mais votre PGF doit tout de même reconnaître l’importance de ce principe.

Siestes. Il est également important de reconnaître la nécessité de siestes pendant la nuit. Utiliser les pauses pour faire de courtes siestes devrait être acceptable. Toutefois, les risques d’inertie du sommeil sont davantage prononcés la nuit. D’où la nécessité de prévoir ce phénomène lorsque la sieste a lieu entre 00:00 et 06:00. Les PGF doivent exposer la nécessité de siestes, et les lignes directrices devant les encadrer, pour les employés qui doivent travailler entre 00:00 et 06:00.

Pour connaître l’effet estimatif d’une sieste planifiée pendant un poste de nuit, on peut observer la figure 5 et la comparer à la figure 4. Comme on peut le constater, les siestes planifiées au cours des deuxième et troisième postes de nuit (représentées par les triangles inversés) ont pour effet de retarder le moment où la personne atteint le seuil critique, et empêchent presque le sujet de tomber sous la plage des valeurs de vigilance acceptée.

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Figure 5. Effets de siestes planifiées.

Les siestes effectuées pendant un poste de nuit posent particulièrement problème en raison de la tendance de l’organisme à demeurer endormi. La personne peut donc avoir de la difficulté à mettre fin à sa sieste ou à se réveiller. Les siestes ne doivent donc être prises qu’à condition que des mesures soient mises en place pour que la personne puisse bien se réveiller. Néanmoins, d’après les estimations fournies par le modèle de fatigue, les avantages semblent dépasser les inconvénients.

Alimentation. Une utilisation judicieuse des stimulants alimentaires en vente libre est une autre mesure recommandée pour maîtriser le risque de fatigue. Par exemple, la caféine aide à améliorer la vigilance. Nombre de boissons et d’aliments courants contiennent de la caféine. Il faut encourager les employés susceptibles de se trouver dans des situations à haut risque à consommer des aliments et de la gomme à mâcher contenant de la caféine. Naturellement, pour porter au maximum les effets positifs de ces aliments, il faut les consommer de manière judicieuse. Là encore, les personnes doivent être sensibilisées à la manière de faire une utilisation sage de ces produits. Ainsi, pendant un poste de nuit, il y a lieu de décourager la consommation de caféine avant la fin du poste ou après 03:00, car cela pourrait compromettre la capacité de dormir après le travail.

D’autres problèmes alimentaires menacent pendant la période de 00:00 à 06:00. Ainsi, le système digestif est vraisemblablement ralenti pendant cette période. Il faut s’efforcer de limiter la quantité de nourriture ingérée. Des collations légères, des aliments faciles à digérer, comme les liquides, ont plus de chances d’être digérés que les aliments à forte teneur en protéines.

Activités. Plusieurs études ont démontré que de s’efforcer de demeurer physiquement actif aide à repousser le sommeil. Ainsi, marcher, parler, ou exécuter des tâches intéressantes et stimulantes pour contrecarrer les effets de la somnolence sont des techniques qui se sont révélées utiles. Selon un chercheur, les postes de nuit devraient comprendre des pauses-repos et des collations périodiques.

Il ne suffit pas d’être physiquement actif. Il est également important d’être psychologiquement actif. Varier ses tâches et modifier son rythme de travail peuvent améliorer la vigilance. Bref, de courtes pauses qui favorisent l’activité sont nécessaires pour lutter contre la propension au sommeil.

Environnement. Il importe de maintenir, autant que possible, des conditions environnementales favorables, comme un bon éclairage, une température adéquate et un niveau sonore approprié. Ainsi, un bon éclairage aide à prévenir la somnolence et la fatigue. La lumière vive est davantage susceptible de favoriser la vigilance. Dans la mesure du possible, l’environnement de travail, entre 00:00 et 06:00, doit comporter une lumière vive. Dans des conditions favorables, la lumière vive agira comme stimulus pour une vigilance accrue. À l’inverse, les environnements sombres portent au sommeil.

De plus, l’environnement sonore ne doit pas être monotone : il doit changer continuellement. Un environnement social qui permet les échanges avec les autres favorise aussi la vigilance. Écouter la radio à prépondérance verbale ou des bulletins de nouvelles est aussi de nature à favoriser l’attention.

Facteurs de risque nos 4 et 5

Moins de six heures de sommeil dans une période de 24 heures.
Périodes de repos trop courtes (moins de 8 heures) pour permettre de récupérer.

Sensibilisation. La première mesure à utiliser dans ce cas, et dans la plupart des cas, est la sensibilisation. On ne saurait trop insister sur le rôle de la sensibilisation. Pour que des employés fonctionnent à leur maximum dans des situations associées à un grand risque de fatigue, ils doivent être pleinement conscients des effets de la fatigue et des moyens qu’ils peuvent prendre pour se préparer à ces situations qui induisent la fatigue.

Le rôle principal de la sensibilisation à l’égard de ces facteurs de risque est de réduire la probabilité qu’ils se manifestent. En d’autres mots, veiller à ce qu’une personne obtienne réellement au moins six heures de sommeil. En cas de sommeil insuffisant en 24 heures ou avant la période de travail, la chose la plus importante à faire est d’empêcher que cette situation de se produire. Autrement dit, lorsque l’employé sait que cette situation risque de se présenter, il doit essayer de dormir le plus possible la nuit qui précède sa période de travail.

Par exemple : Si une personne a eu moins de quatre heures de sommeil, doit travailler entre 0000 h et 0600 h et n’a pas bénéficié d’un « sommeil principal » suffisant au cours des 48 heures précédentes, cette personne pourrait ne pas être en mesure d’effectuer ses tâches désignées au niveau de concentration que l’on attend d’elle. Un programme solide de gestion de la fatigue offrirait aux employés un mécanisme pour signaler ce genre de situation. Notons cependant que la prévention — c’est-à-dire avoir des possibilités adéquates de repos et profiter de ces possibilités — est une responsabilité partagée et représente la meilleure solution. Par conséquent, les syndicats et les employeurs devraient collaborer à la création de mécanismes et de procédures pour signaler la fatigue afin que les deux parties puissent gérer plus efficacement les niveaux de fatigue de l’effectif. Les résultats de ces mécanismes et de ces procédures devraient être utilisés pour évaluer l’efficacité des pratiques de gestion de la fatigue et des méthodes d’établissement des horaires de l’équipage.

Les programmes de sensibilisation doivent porter sur divers sujets, notamment la nature du travail posté, les divers types de postes, les rythmes biologiques du sommeil et de la fatigue, les effets de la fatigue sur la performance, l’hygiène du sommeil et les questions générales de santé et de mieux-être. Le programme de sensibilisation doit avoir pour but de rendre une personne capable d’utiliser ses connaissances pour obtenir un sommeil et un repos adéquats avant des périodes de service prolongé. Un but secondaire des programmes de sensibilisation est de faire en sorte que les employés aient les connaissances nécessaires pour combattre la fatigue lorsqu’ils sont au travail.

Temps de sommeil. Il est essentiel d’avoir suffisamment de temps de repos pour pouvoir se remettre des effets de périodes de sommeil raccourcies. Les heures de repos doivent être suffisantes pour permettre à l’employé d’obtenir au moins huit heures de sommeil ininterrompu. Il faut savoir, en outre, que huit heures de sommeil ne suffiront pas nécessairement si ces heures tombent le jour. La plupart des personnes qui sont habituées à dormir la nuit auront de la difficulté à tomber endormies le jour.

La figure 6 illustre les problèmes associés à une période de repos trop courte pour récupérer, et montre aussi le déclin graduel de la performance, au fil du temps, associé au manque de temps pour dormir. Par conséquent, la personne doit disposer de suffisamment de temps pour obtenir réellement le repos dont elle a besoin, compte tenu du fait que même si elle est en congé, elle ne sera pas nécessairement capable de bien dormir.

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Figure 6. Effets du manque de temps de sommeil.

Un dernier conseil concernant ces facteurs de risques particuliers est de faire en sorte d’obtenir suffisamment de repos avant de se rendre disponible pour une autre période de service. La personne doit, pour autant que cela soit possible, demander du temps de repos supplémentaire pour pouvoir se remettre de cette période de service prolongé. Si possible, il est suggéré de se ménager dix ou, de préférence, 12 heures de repos pour pouvoir obtenir une période de huit heures complètes de sommeil. Si les heures de repos tombent le jour, la personne peut avoir besoin d’encore plus de temps de récupération, car la probabilité de dormir huit heures est plus faible le jour que la nuit.

Siestes. Une autre mesure possible, dans ces situations, consiste à permettre à la personne de faire des siestes d’au moins 30 minutes – mais pas plus de 45 minutes – pendant qu’elle est en service. Les courtes siestes se sont révélées avoir un effet très positif sur la performance, effet qui peut durer plusieurs heures. Malgré les éventuels effets négatifs de l’inertie du sommeil (c.-à-d. la confusion habituellement ressentie à l’éveil), les avantages de la sieste surpassent nettement les inconvénients.

Alimentation. Une utilisation judicieuse des stimulants alimentaires en vente libre est une autre mesure recommandée pour maîtriser le risque de fatigue. Par exemple, la caféine aide à améliorer la vigilance. Nombre de boissons et d’aliments courants contiennent de la caféine. Il faut encourager les employés susceptibles de se trouver dans des situations à haut risque à consommer des aliments et de la gomme à mâcher contenant de la caféine. Naturellement, pour porter au maximum les effets positifs de ces aliments, il faut les consommer de manière judicieuse. Là encore, les personnes doivent être sensibilisées à la manière de faire une utilisation sage de ces produits.

Il y a un autre facteur à prendre en considération en ce qui a trait à l’alimentation lors de périodes de sommeil restreintes. C’est que l’on doit manger lorsque l’horloge biologique ou le rythme circadien est le plus disposé à être sollicité. Autrement dit, les moments où l’organisme éprouve la plus grande propension au sommeil sont aussi les moments les moins propices à la digestion.

Activités. Plusieurs études ont montré que de s’efforcer de demeurer physiquement actif aide à repousser le sommeil. Ainsi, marcher, parler, ou exécuter des tâches intéressantes et stimulantes sont des techniques qui se sont révélées utiles pour contrecarrer les effets de la somnolence.

Environnement. Il importe de maintenir, autant que possible, des conditions environnementales favorables, comme un bon éclairage, une température adéquate et un niveau sonore approprié. La lumière vive est davantage susceptible de favoriser la vigilance. Lorsqu’on essaie de dormir, il est recommandé de recourir à un bruit blanc ou à de la musique douce en tant qu’environnement sonore. À l’inverse, les sons qui suscitent l’intérêt et l’attention portent davantage à la vigilance.

Facteur de risque nº 6

Plus de 64 heures de travail continu (sans période de récupération) en sept jours.

Sensibilisation. La première mesure à utiliser dans ce cas, et dans la plupart des cas, est la sensibilisation. On ne saurait trop insister sur le rôle de la sensibilisation. Pour que des employés fonctionnent à leur maximum dans des situations associées à un grand risque de fatigue, ils doivent être pleinement conscients des effets de la fatigue et des moyens qu’ils peuvent prendre pour se préparer à ces situations qui induisent la fatigue.

Lorsque le temps de travail dépasse 64 heures en sept jours, il est fortement recommandé de prévoir au moins deux nuits de sommeil avant le début de la prochaine période de travail. Là encore, il y a lieu de reconnaître la nécessité de réduire une dette de sommeil accumulée. Cela peut signifier que lorsque des employés ont travaillé de longues heures, on devrait leur accorder du temps de repos supplémentaire pour récupérer. La plupart des experts du domaine appellent ce sommeil le sommeil principal, par lequel la personne se prépare à des activités subséquentes.

Le danger que pose cette situation d’heures de travail excessives en sept jours est la probabilité d’accumuler une dette de sommeil. Une dette de sommeil se crée lorsqu’une personne obtient moins de sept heures de sommeil par jour, jour après jour. L’être humain peut fonctionner à moins de huit heures de sommeil, mais plus sa dette de sommeil s’alourdit, plus la personne devient fatiguée.

Les programmes de sensibilisation doivent porter sur divers sujets, notamment la nature du travail posté, les divers types de postes, les rythmes biologiques du sommeil et de la fatigue, les effets de la fatigue sur la performance, l’hygiène du sommeil et les questions générales de santé et de mieux-être. Le programme de sensibilisation doit avoir pour but de rendre une personne capable d’utiliser ses connaissances pour obtenir un sommeil et un repos adéquats avant des périodes de service prolongé. Un but secondaire des programmes de sensibilisation est de doter les employés des connaissances nécessaires pour combattre la fatigue lorsqu’ils sont au travail.

Temps de sommeil. Il y a lieu d’accorder un temps de repos suffisant pour éliminer les effets de 64 heures de travail en sept jours, soit une période qui permette d’obtenir le sommeil voulu. Bien sûr, il faut se rappeler que le simple fait de donner aux employés du temps de repos n’est pas toujours une garantie qu’ils pourront bien récupérer, si les heures de repos tombent le jour. La plupart des personnes qui son habituées à dormir la nuit trouvent difficile de trouver le sommeil le jour. Par conséquent, la personne doit disposer de suffisamment de temps pour obtenir, dans les faits, le sommeil nécessaire, étant donné qu’elle peut être en congé sans pouvoir vraiment dormir.

Pour bien dormir, il faut dormir la nuit. Mais la plupart des experts conviennent que deux nuits de sommeil sont nécessaires pour se remettre des effets de la privation de sommeil. Des personnes qui avaient été privées de sommeil n’ont retrouvé leur performance optimale qu’après avoir dormi au moins deux nuits.

Une autre mesure possible, dans cette situation, consiste à permettre à la personne de faire des siestes d’au moins 30 minutes – mais pas plus de 45 minutes – pendant qu’elle est en service. Les courtes siestes se sont révélées avoir un effet très positif sur la performance, effet qui peut durer plusieurs heures. Malgré les éventuels effets négatifs de l’inertie du sommeil (c.-à-d. la confusion habituellement ressentie à l’éveil), les avantages de la sieste surpassent nettement les inconvénients.

Un autre point à prendre en compte, lorsqu’on élabore un PGF destiné à contrer les effets des longues heures de travail, c’est de choisir des personnes qui sont assez reposées pour bien exécuter le travail. Choisir des personnes qui ont dormi au moins huit heures au cours de la période de 24 heures (de préférence au cours de la nuit) précédant la période de travail augmentera la probabilité qu’elles soient en mesure d’exécuter le travail correctement.

Alimentation. Une utilisation judicieuse des stimulants alimentaires en vente libre est une autre mesure recommandée pour maîtriser le risque de fatigue. Par exemple, la caféine aide à améliorer la vigilance. Nombre de boissons et d’aliments courants contiennent de la caféine. Il faut encourager les employés susceptibles de se trouver dans des situations à haut risque à consommer des aliments et de la gomme à mâcher contenant de la caféine. Naturellement, pour porter au maximum les effets positifs de ces aliments, il faut les consommer de manière judicieuse. Là encore, les personnes doivent être sensibilisées à la manière de faire une utilisation sage de ces produits.

Activités. Plusieurs études ont démontré que de s’efforcer de demeurer physiquement actif aide à repousser le sommeil. Ainsi, marcher, parler, ou exécuter des tâches intéressantes et stimulantes sont des techniques qui se sont révélées utiles pour contrecarrer les effets de la somnolence.

Environnement. Il importe de maintenir, autant que possible, des conditions environnementales favorables, comme un bon éclairage, une température adéquate et un niveau sonore approprié. La lumière vive est davantage susceptible de favoriser la vigilance. Lorsqu’on essaie de dormir, il est recommandé de recourir à un bruit blanc ou à de la musique douce en tant qu’environnement sonore. À l’inverse, les sont qui suscitent l’intérêt et l’attention portent davantage à la vigilance.

Il est particulièrement important pour les personnes qui doivent être en service plus de 64 heures en sept jours, de disposer sur les lieux de travail de locaux aménagés pour les siestes. En effet, pour ces personnes, conduire leur véhicule jusqu’à leur domicile peut présenter un risque particulier, en raison de la dette de sommeil qu’elles ont accumulée. D’où la pertinence de prévoir pour elles des lieux de repos.