Guide d’évaluation et fiche de cotation d’un PGF

Programmes de gestion de la fatigue: Exigences et guide d’évaluation

Le Guide d’évaluation et fiche de cotation d’un PGF (version révisée en mars 2010) est une liste de contrôle qui aide à repérer les divers éléments dont doit être composé un PGF. On ne s’attend pas à ce que chaque programme comporte tous les éléments énumérés. Mais un bon programme devrait en comporter plusieurs.

Nota : La lettre C indique un élément « central », qui doit obligatoirement faire partie du PGF.

Sensibilisation et formation :

Sensibilisation et formation Cote maximale Résultat obtenu
C 1 Hygiène du sommeil 3  
  2 Alimentation et mode de vie 1  
C 3 Horloge biologique 3  
  4 Définitions de fatigue et vigilance 1  
C 5 Troubles du sommeil 3  
  6 Gestion du stress 1  
C 7 Sommeil et performance 3  
  8 Diversité des horaires de sommeil 1  
  9 Mesures de lutte contre la fatigue 1  
  10 Différences individuelles et différences selon l’âge 1  
    Total partiel 18  

L’élément Sensibilisation et formation d’un Programme de gestion de la fatigue (PGF) doit comprendre les QUATRE modules centraux mentionnés ci-dessus. De plus, un programme vraiment complet doit comprendre de l’information sur les dix sujets énumérés. Le programme de formation doit tout particulièrement exposer aux participants les notions de base relatives à l’hygiène du sommeil, y compris les facteurs qui influent sur l’inclination d’une personne au sommeil, les facteurs qui altèrent la qualité du sommeil, et ceux qui influent sur la durée du sommeil. Cet élément est critique et il doit faire partie de la formation.

Bien que non essentiel au PGF, le module Alimentation et mode de vie aborde deux facteurs qui peuvent aussi influer sur la durée et la qualité du sommeil. Les participants doivent notamment savoir que l’heure à laquelle ils ingèrent divers aliments et groupes d’aliments peut influer sur la facilité à trouver le sommeil. Un programme de sensibilisation et de formation qui ne comprendrait pas un module sur l’horloge biologique ou les rythmes circadiens serait gravement incomplet. Les employés des chemins de fer doivent comprendre les cycles de veille et de récupération que rythme l’horloge biologique et comment ces cycles influent sur le sommeil et la propension au sommeil, sans parler de la performance au travail et de la vigilance. Ce module est essentiel.

Les définitions de la fatigue et de la vigilance sont des thèmes importants à discuter. La nature réelle de la fatigue suscite une certaine controverse. Quoi qu’il en soit, les gens doivent savoir qu’il y a des différences entre la fatigue physique, qui peut être causée par l’effort musculaire, et la fatigue associée au manque de sommeil. Habituellement, lorsqu’on parle de la fatigue dans l’industrie des transports, on parle de la baisse de vigilance et d’attention associée à la dégradation de la performance cognitive.

Les troubles du sommeil constituent un autre module indispensable à un programme de sensibilisation et de formation. Le trouble du sommeil le plus courant dans la population visée est l’apnée du sommeil, qui est caractérisée par le ronflement et l’arrêt de la respiration pendant le sommeil. D’autres troubles moins courants comprennent le syndrome des jambes sans repos et la narcolepsie, entre autres. Ce qui est important ici, c’est que les participants soient sensibilisés au rapport entre les troubles du sommeil et les baisses subséquentes de performance au travail, qui accompagnent parfois ces troubles.

Un module sur la gestion du stress, bien que non essentiel, pourrait être inclus dans le programme de formation, à cause, encore une fois, de la relation possible entre la présence de stress et la perturbation du sommeil. Il a été démontré que des personnes en proie à des degrés élevés de stress peuvent soit faire de l’insomnie, soit se réveiller très tôt le matin, même trop dormir, parfois.

Un programme de formation ne serait pas complet sans un module consacré à la relation entre sommeil et performance. Il est essentiel de bien saisir cette relation pour mettre en place des programmes de gestion de la fatigue efficaces. Le manque de sommeil a une relation directe et linéaire avec la baisse de performance, qu’il s’agisse de performance cognitive ou de performance au travail. Il faut à tout prix que les personnes qui travaillent dans l’industrie du transport ferroviaire comprennent cette relation critique. De plus, il y a lieu d’informer les participants des niveaux et seuils spécifiques à respecter. Ils doivent savoir qu’en franchissant ces seuils, la probabilité d’une performance optimale est de beaucoup réduite. Il convient de noter que les lignes directrices et les règles sur les heures de service sont habituellement conçues non pas pour susciter des niveaux de performance optimaux, mais pour établir une limite au-delà de laquelle il est dangereux de conduire ou exploiter un matériel.

Les horaires de sommeil doivent aussi faire partie du programme de sensibilisation et de formation. Il y a lieu, notamment, de décrire les horaires de sommeil que l’on trouve habituellement dans l’industrie ferroviaire, et les effets de ces horaires sur la performance. L’essentiel est d’examiner les types d’horaires qui entraînent l’accumulation d’une dette de sommeil au fil du temps.

Le thème général des mesures pour contrer la fatigue doit faire partie du programme. Les mesures types comprennent, sans toutefois s’y limiter, les siestes, le sommeil, l’exercice, l’activité, les courtes pauses, la consommation judicieuse de caféine et des périodes de sommeil principal préventif. Ces mesures peuvent varier d’une personne à l’autre, mais tout programme de sensibilisation doit les aborder. Un chemin de fer ne souhaite peut-être pas recommander un type particulier de mesure pour accroître la vigilance, mais une discussion approfondie des diverses solutions et des forces et faiblesses de chacune aidera les employés à prendre eux-mêmes leurs décisions en toute connaissance de cause. De plus, en connaissant les effets stimulants de diverses substances naturelles, ils sauront quand s’abstenir de ces substances pour maximiser leurs chances de bien dormir pendant leurs périodes de repos.

Finalement, il y a lieu de souligner l’importance des différences individuelles et des différences selon l’âge. Règle générale, les gens ont besoin d’environ huit heures de sommeil par période de 24 heures. Toutefois, certaines personnes ont une endurance et une faculté d’adaptation remarquables, qui leur permettent de résister aux effets de la privation de sommeil. Il importe d’exposer ce concept aux membres du personnel, pour les amener à prendre conscience de leurs besoins habituels de sommeil, et à bien gérer leurs horaires pour répondre à leurs besoins de sommeil de récupération. En même temps, les habitudes et les besoins de sommeil changent avec l’âge. Ainsi, selon la plupart des études, les gens continuent, en avançant en âge, d’avoir besoin d’environ huit heures de sommeil. Mais il est généralement de plus en plus difficile pour eux de dormir huit heures de suite. Ils doivent donc faire des siestes de récupération.

Méthodes d’établissement des horaires :

Méthodes d’établissement des horaires Cote maximale Résultat obtenu
C 1 La durée totale du poste ne dépasse pas 12 heures 3  
  2 Le potentiel de fatigue associé au travail entre 00:00 et 06:00 est reconnu 1  
  3 Des périodes de récupération sont prévues après des périodes de sommeil de moins de six heures consécutives en 24 heures. 1  
C 4 Les périodes de repos permettent des périodes de récupération raisonnables 3  
C 5 Les heures de travail sont limitées à 64 heures par période de sept jours 3  
  6 Les périodes de récupération comprennent deux nuits consécutives de sommeil 1  
  7 Des pauses de vingt minutes sont prévues environ aux quatre heures 1  
C 8 Dans la mesure du possible, les horaires de travail sont hautement prévisibles 2  
  9 Les horaires comportent des occasions de faire des siestes 1  
C 10 Lorsque les périodes de veille dépassent 19 heures consécutives, des occasions de dormir sont prévues 3  
    Total partiel 19  

Les méthodes d’établissement des horaires décrites dans le PGF doivent être évaluées en fonction des cinq éléments centraux et des cinq éléments recommandés du tableau ci-dessus. L’horaire de travail doit faire en sorte que la durée d’un poste ne dépasse pas 12 heures. De plus, il faut réduire au minimum les horaires de travail qui exigent que les employés exécutent des tâches entre 00:00 et 06:00. Lorsque des postes de nuit sont nécessaires, l’horaire doit prévoir suffisamment de temps de repos pour permettre à l’employé de récupérer et de se préparer à son prochain poste. Il est recommandé d’accorder des pauses-siestes aux employés qui conduisent ou exploitent des machines ou qui exécutent des tâches délicates sur le plan de la sécurité entre 00:00 et 06:00.

Les méthodes d’établissement des horaires qui ne permettent pas aux employés d’obtenir six heures de sommeil continu après l’exécution de tâches ou de fonctions doivent être bannies. Selon les études consultées, il est peu probable qu’une personne dorme plus de six heures pendant le jour, à moins d’être vraiment épuisée. Il est peu probable que des personnes qui sont habituées à des horaires réguliers de jour puissent changer radicalement de rythme et dormir huit heures pendant le jour. Par conséquent, il faut généralement prévoir une période de récupération suffisante pour permettre l’adaptation aux changements d’horaire. Il est recommandé d’accorder au moins DEUX nuits de récupération aux membres du personnel qui ont été exposés à des heures de travail excessives ou à des heures de service prolongé, de même qu’à des restrictions du sommeil et à des postes de nuit.

La plupart des études indiquent la nécessité de pauses périodiques pendant la journée de travail. De fait, il est probable que les pauses amélioreront la performance. Les pauses planifiées doivent être espacées de manière à survenir toutes les deux heures, et au moins une fois toutes les 5 heures.

La prévisibilité de l’horaire de travail n’est pas directement reliée à la vigilance. Mais la prévisibilité permet aux employés de mieux se préparer à prendre leur service et diminue le risque que la personne soit prise au dépourvu et qu’elle n’ait pas assez dormi. Le pire scénario est lorsqu’une personne prolonge ses heures de veille le soir, ne s’attendant pas à être appelée au travail et qu’elle doit travailler de longue heures, y compris pendant la plage entre 00:00 et 06:00, qui est la pire pour la somnolence.

Les méthodes d’établissement des horaires qui prévoient des occasions de faire la sieste et de récupérer sont probablement associées à une meilleure restauration de la vigilance et une meilleure productivité que les autres. En effet, les employés qui sont autorisés à faire une sieste d’au moins 20 minutes pour alléger les effets de la fatigue pourront, selon toute probabilité, avoir une performance optimale ou quasi optimale pendant au moins trois heures suivant leur sieste.

Finalement, les employés qui demeurent éveillés pendant 19 heures ou plus fonctionnent bien en deçà de leur niveau optimal de performance. Il convient donc de leur permettre de dormir ou de faire une sieste immédiatement, pour éviter qu’ils soient un danger pour eux-mêmes ou pour les autres.

Les situations d’urgence :

Les situations d’urgence Cote maximale Résultat obtenu
C 1 Définition d’une situation d’urgence 4  
C 2 Dispositions spéciales touchant les heures supplémentaires 4  
    Total partiel 8  

Une section du PGF doit être consacrée à la façon dont la direction du chemin de fer entend gérer les situations d’urgence ou les écarts inattendus par rapport aux horaires prévus. Cette section doit comprendre une définition de ce qu’est une situation d’urgence et exposer les procédures qui seront mises en place pour que les personnes qui sont éveillées depuis longtemps ou qui manquent de sommeil aient peu de chances d’être appelées à exécuter des tâches délicates sur le plan de la sécurité. Le programme doit recommander des façons, pour les employés et les superviseurs, de réduire au minimum leur fatigue lorsqu’ils exécutent des tâches en urgence. Des sections précises du programme doivent porter sur les situations où des personnes sont en service pendant plus de 12 heures, et sur les situations où le travail en urgence occupe la plage de 00:00 à 06:00.

Stratégies destinées à assurer la vigilance :

Stratégies destinées à assurer la vigilance Cote maximale Résultat obtenu
C 1 Le PGF doit comporter une liste de stratégies recommandées et approuvées pour assurer la vigilance 5  
  2 Aides technologiques (dispositifs d’alerte) 1  
  3 Stratégies relatives aux siestes 1  
  4 Pauses 1  
  5 Listes de contrôle pour demeurer vigilant 1  
  6 Autres stratégies de communication, au besoin 1  
  7 Recours judicieux à l’exercice physique 1  
  8 Utilisation de l’éclairage, de l’ambiance sonore et de la température 1  
    Total partiel 12  

Les PGF doivent recommander aux employés des mesures ou des stratégies destinées à assurer la vigilance. Ceux-ci doivent appliquer ces stratégies lorsqu’ils s’estiment susceptibles d’atteindre des niveaux de fatigue tels que leur travail pourra s’en ressentir. Le but de cette section est de veiller à ce que les employés soient informés des stratégies recommandées ou approuvées, qu’ils peuvent mettre en œuvre dans un environnement opérationnel, en situation d’urgence. Tous reconnaissent que la stratégie la plus efficace est de dormir. Mais lorsqu’on ne peut pas dormir, on doit se rabattre sur d’autres stratégies. Par exemple, de courtes pauses accompagnées d’exercices légers peuvent rétablir la vigilance pendant une courte période. Une consommation sélective et judicieuse de stimulants naturels est une autre solution. Les siestes sont aussi une technique qui peut être utile. Les gens doivent être informés de la manière appropriée de faire des siestes dans ces circonstances. Les employés doivent être informés des stratégies destinées à assurer la vigilance et être autorisés à les utiliser à leur discrétion pour porter au maximum leur productivité.

Environnements de repos :

Environnements de repos Cote maximale Résultat obtenu
C 1 Politique standard pour l’examen des installations 2  
  2 Certification des logements 1  
  3 Somnifères 1  
C 4 Obscurcissement 2  
C 5 Techniques d’insonorisation 2  
C 6 Régulation de la température 2  
  7 Gymnases 1  
  8 Cafétérias 1  
C 9 Politiques sur le réveil – ne pas déranger 2  
  10 Emplacement ou proximité des voies ou des triages 1  
    Total partiel 15  

Les environnements de repos sont essentiels pour répondre aux besoins des personnes qui luttent contre la fatigue. Le PGF doit comprendre les CINQ éléments centraux et les cinq éléments recommandés. Plus important encore, un PGF bien conçu doit décrire les environnements de repos qui existent, et les critères selon lesquels évaluer leur pertinence dans le cadre ferroviaire. Une mise en œuvre réussie d’un PGF nécessite une politique standard pour l’examen des installations, ce qui aidera les fournisseurs de services d’hébergement à fournir des installations adéquates pour le sommeil et le repos, et bénéficiera ainsi aux employés. Une telle politique pourrait mener à un processus de certification d’installations. Le programme devra prévoir l’établissement d’un comité, d’une équipe ou d’une procédure pour définir les modalités d’inspection des diverses installations et la manière dont les résultats des inspections seront rendus publics.

Lors de l’examen d’une installation, le critère le plus important à prendre en considération sera la possibilité qu’offre celle-ci d’atténuer les sons, de bloquer la lumière et de réduire ou réguler la température. Ces trois caractéristiques sont très importantes et le programme ne peut être approuvé sans elles. Les autres critères comprennent, mais sans s’y limiter : un gym, une cafétéria et une salle à manger, un générateur de bruit blanc, et un service de réveil ou une affichette « ne pas déranger » pour que les employés puissent dormir en paix.

Politiques de mise en œuvre :

Politiques de mise en œuvre Cote maximale Résultat obtenu
C 1 Principes généraux 5  
C 2 Programme général 5  
  3 Programme local 1  
  4 Évaluation du risque 1  
C 5 Mobilisation à l’égard du PGF 3  
    Total partiel 15  

Globalement, le PGF doit avoir un format et un contenu distinctifs. Il est recommandé que tous les chemins de fer adoptent un format standard pour décrire les divers éléments du PGF. Au début du PGF doit figurer un énoncé des principes généraux que le chemin de fer s’efforce de mettre en pratique. Suit alors une description générale du programme, soit, habituellement, un ensemble d’énoncés préconisant un chemin de fer à horaires fixes.

Il est important que le programme identifie les personnes responsables de la mise en œuvre du programme, tant au niveau de l’entreprise qu’à l’échelon local. Il ne suffit pas d’identifier une personne du siège social, qui n’a pas de pouvoir sur les opérations à l’échelon local, car il y a peu de chances qu’un employé ordinaire puisse avoir accès à cette personne. Un superviseur local doit être responsable de la mise en œuvre du PGF et identifié comme tel.

Le programme doit comprendre une approche reconnue pour évaluer le risque associé à la fatigue. Par approche, on doit entendre un modèle de fatigue ou un outil d’établissement des horaires validé scientifiquement et utilisé pour évaluer la probabilité qu’une situation ou un horaire engendre des niveaux de fatigue considérés non optimaux ou, dit autrement, engendre des conditions moins qu’optimales.

Le PGF doit clairement décrire comment il sera mis en œuvre, et identifier qui est responsable de sa mise en œuvre au niveau local immédiat.

Évaluation du PGF et de l’efficacité de la gestion des équipes (GE) :

Évaluation des PGF et de l’efficacité de la GE Cote maximale Résultat obtenu
C 1 Prescription des mesures de la fatigue 2  
C 2 Prescription des méthodes de collecte des données 2  
C 3 Examen systématique des données relatives à l’établissement des horaires des équipes 2  
C 4 Analyse des accidents 2  
C 5 Possibilité de consultation (p. ex., représentants des membres du personnel d’exploitation; comités de santé et sécurité) 2  
  6 Examen systématique des données d’évaluation du programme 1  
  7 Utilisation de modèles bio-comportementaux (p. ex. FAST, FAID) 1  
  8 Recours à des experts pour l’examen du PGF 1  
    Total partiel 13  
         
    Total général 100  

Le PGF innove par un aspect important, soit la prescription d’une méthode pour évaluer son efficacité, pour améliorer le programme globalement et en améliorer l’efficacité. On suppose ici qu’il est nécessaire d’améliorer constamment la gestion de la fatigue au travail, et que sans un programme efficace et à jour, on ne peut être sûr que le programme gère réellement – et donc atténue – les effets de la fatigue. D’où la nécessité d’un programme pour recueillir les données relatives à la fatigue et les données supplémentaires concernant l’efficacité de la gestion de la fatigue.

Il est important que le PGF comporte à tout le moins quelques indicateurs comportementaux de fatigue, soit des signes et symptômes que présentent les employés et qui indiquent la présence de fatigue. Par exemple, la somnolence, l’apathie et les autodiagnostics de fatigue.

Le programme comporte une exigence implicite, soit des mesures et paramètres à recueillir pour faciliter l’évaluation du PGF. Il ne suffit pas de simplement réunir des données d’accidents car de nombreux facteurs contribuent aux accidents. Les paramètres d’intérêt comprennent les autodiagnostics de fatigue, le nombre de relèvements de fonctions pour raison de fatigue demandés et accordés, le nombre total d’heures de service, les heures de départ moyennes, et l’écart moyen entre les heures de départ affichées et les heures de départ réelles.

Autre élément essentiel du programme, il doit prescrire les paramètres à utiliser en tant qu’indicateurs de fatigue. Il existe plusieurs paramètres possibles, comme l’autodiagnostic, la durée de la période de service, le temps écoulé hors du terminal d’attache, etc. Il s’agit d’une des premières choses que les transporteurs devront préciser lors de l’élaboration de leur programme. Outre les paramètres, le programme devra également préciser les méthodes de collecte des données.

Les horaires des équipes sont une source d’information importante, qui peut aider à voir dans quelle mesure les membres du personnel d’exploitation sont exposés au risque de fatigue. Il y a lieu d’examiner les horaires de travail des équipes pour déterminer jusqu’à quel point ils créent la probabilité de longues heures de travail et/ou la probabilité d’un sommeil limité, entraînant ainsi la privation de sommeil.

Un PGF efficace doit aussi prévoir l’examen du rôle de la fatigue dans les accidents survenus dans le réseau du chemin de fer. En d’autres termes, il se peut que des modifications aux techniques d’analyse et d’enquête sur les accidents s’imposent pour y inclure une évaluation du rôle de la fatigue.

Finalement, le programme doit comprendre un examen systématique et concerté, entre la direction et les travailleurs, de toute l’information ci-dessus, afin de déterminer si cette information laisse poindre une situation problématique. Autrement dit, il est nécessaire de revoir et analyser les données pour déterminer les effets du PGF sur le niveau global de fatigue au sein de l’organisation. De plus, le recours à des experts ou à des scientifiques de l’extérieur, qui maîtrisent les connaissances sur le sommeil et la fatigue, et qui peuvent aider à évaluer le Programme de gestion de la fatigue ou donner leur avis sur l’adéquation entre les mesures de lutte à la fatigue suggérées et l’environnement opérationnel, doit être un moyen utile et bien accepté de déterminer si le PGF est un outil adéquat pour maîtriser le risque lié à la fatigue dans le lieu de travail.

Pour permettre des analyses concluantes, le PGF peut prévoir l’utilisation de modèles comportementaux, la revue d’experts et une évaluation de la performance globale.