Réduire le risque d’intoxication au monoxyde de carbone dans les aéronefs d’aviation générale - Alertes à la Sécurité de l'Aviation civile (ASAC) 2019-07

À l’attention de :

Propriétaires, exploitants et spécialistes de la maintenance d’avions et de giravions d’aviation générale équipés de circuits de chauffage

Numéro de classification du dossier : Z 5000-35
Numéro du SGDDI  : 15701665
Numéro de document : ASAC 2019-07
Numéro d'édition : 01
Date d'entrée en vigueur : 2019-12-12

Objet :

La présente Alerte à la sécurité de l’Aviation civile ( ASAC ) vise à signaler les dangers qui peuvent découler d’une exposition au monoxyde de carbone ( CO ) et de recommander des mesures préventives pour réduire le risque d’exposition à ce gaz toxique à bord des aéronefs d’aviation générale ( AG ) et que les pilotes et les passagers en subissent les effets néfastes.

Contexte :

Il y a près de trente ans, Transports Canada ( TC ) a émis la consigne de navigabilité ( CN ) CF-90-03R2, afin d’atténuer les risques découlant de l’infiltration de gaz d’échappement dans le système de chauffage de l’aéronef. Cette CN exige l’inspection périodique des échangeurs de chaleur de gaz d’échappement. Ces types d’échangeurs de chaleur sont utilisés sur de nombreux aéronefs légers pour fournir de l’air chaud qui sert à assurer le confort des occupants et à des fins de régulation des conditions ambiantes, comme la prévention de la condensation sur les parebrises et autres surfaces transparentes.

Bien que les dispositifs de chauffage à combustion diffèrent des dispositifs de chauffage basés sur le système d’échappement, ils comportent aussi certains risques. Les dispositifs de chauffage à combustion fonctionnent indépendamment du moteur; ils génèrent de la chaleur en brûlant du carburant de l’aéronef et sont munis d’un échangeur de chaleur afin d’extraire la chaleur produite par cette combustion. Tout comme les dispositifs de chauffage d’échappement, les dispositifs de chauffage à combustion sont conçus pour séparer les produits de la combustion de l’air chaud qui sera acheminé à la cabine de l’aéronef.

Un risque commun aux dispositifs de chauffage d’échappement et à ceux à combustion est le risque d’intoxication par le CO qui est un sous-produit de la combustion : la détérioration des composants peut permettre à ce gaz toxique de s’infiltrer dans la cabine de l’aéronef. L’exposition au CO peut provoquer des maux de tête, des étourdissements, de la fatigue et, à doses élevées, peut entraîner la mort. Une intoxication au CO associée à la détérioration des circuits de chauffage a été identifiée comme étant la cause de nombreux cas d’incapacité de pilotes d’ AG .

La CN CF-90-03R2 exige le démontage des dispositifs de chauffage d’échappement, suivi d’une inspection visuelle détaillée ( IVD ) et de la réparation ou du remplacement des pièces endommagées. Cette CN exige également de recourir à des essais de mise en pression ou à d’autres méthodes acceptées pour examiner toute zone où l’on soupçonne une dégradation à la suite de l’inspection visuelle. La CN exige que ces mesures soient prises à des intervalles ne dépassant pas un an ou 150 heures de temps dans les airs, selon la première de ces deux éventualités.

L’ IVD exigée par la CN CF-90-03R2 ne pourra détecter que des défauts relativement importants. La réalisation d’un essai de mise en pression et d’étanchéité permet en soi de détecter des défauts trop petits pour être décelés lors d’une IVD . Pour cette raison, certains membres du personnel d’entretien ont pris l’habitude d’effectuer un essai de mise en pression et d’étanchéité chaque fois qu’ils effectuent l’inspection exigée par la CN CF-90-03R2.

Les dispositifs de chauffage ne sont pas la seule source potentielle de CO dans les aéronefs d’ AG  : des recherches menées au nom de la Federal Aviation Administration ( FAA ) des États Unis ont déterminé que les silencieux et les systèmes d’échappement étaient les sources principales de CO lorsque ce gaz toxique était la cause d’un accident. Le rapport que la FAA a publié à ce sujet, DOT / FAA / AR 09/49, Detection and Prevention of Carbon Monoxide Exposure in General Aviation Aircraft, disponible sur Internet à l’adresse https://tc.canada.ca/sites/default/files/migrated/ar0949.pdf (en anglais seulement), contient des informations complémentaires à celles de la présente ASAC . Le gaz qui fuit des silencieux et des systèmes d’échappement peut pénétrer dans la cabine de l’aéronef par le circuit de chauffage ou de ventilation ou s’infiltrer par une fuite de la cloison pare feu séparant le compartiment moteur de la cabine.

La FAA a publié le bulletin spécial d’information de la navigabilité aérienne ( SAIB ) CE-10-19 R1 (en anglais seulement) pour faire connaître le rapport susmentionné. Ce SAIB recommandait également des mesures visant à réduire les risques associés au CO . La FAA a également publié la circulaire d’information ( AC (en anglais seulement), intitulée Carbon Monoxide Contamination in Aircraft – Detection and Prevention. Cette AC contient également des informations qui peuvent être utiles aux exploitants et aux spécialistes de la maintenance d’aéronefs d’ AG . La FAA a élaboré un cours en ligne d’une heure ALC 498, Aircraft Exhaust Systems, à l’intention des techniciens d’entretien d’aéronefs. Le cours est disponible à l’adresse https://www.faasafety.gov/gslac/ALC/course_content.aspx?pf=1&preview=true&cID=498 (en anglais seulement).

Le CO étant incolore et inodore, les intoxications au CO peuvent s’avérer insidieuses : les victimes ignorent souvent que leur environnement est contaminé par ce gaz toxique et que leurs capacités mentales et physiques s’en trouvent dégradées. Pour ces raisons, un avertisseur de CO constitue un investissement fort judicieux pour les propriétaires et les exploitants d’aéronefs d’ AG . Un détecteur de CO approprié fournira un avertissement fiable et précoce en cas de niveaux élevés de ce gaz toxique, ce qui permettra au pilote de prendre les mesures qui s’imposent. Un détecteur de CO peut également accroître l’efficacité des interventions d’entretien sur ces aéronefs. L’inspection de la cabine d’un aéronef à l’aide d’un détecteur peut confirmer que l’entretien ou la réparation des systèmes d’échappement ou du circuit de chauffage a corrigé les défauts liés aux fuites de CO sans créer de nouveaux problèmes. Le détecteur de CO permet d’effectuer un type de vérification fonctionnelle qui est autrement impossible à réaliser.

TC a conclu qu’il peut être avantageux pour les propriétaires et les exploitants d’aéronefs d’ AG au Canada de mettre en œuvre les mesures préventives supplémentaires à celles exigées par la CN CF-90-03R2. Ces mesures préventives supplémentaires sont décrites dans la section qui suit de la présente ASAC .

Mesure recommandée :

Lors de l’exécution des inspections exigées par la CN CF-90-03R2, effectuer un essai de mise en pression et d’étanchéité en plus de l’inspection visuelle, plutôt que d’effectuer un essai d’étanchéité uniquement lorsque l’inspection visuelle indique un problème potentiel.

Effectuer des essais de point fixe du moteur avec le chauffage de la cabine activé et vérifiez la présence de CO dans la cabine à l’aide d'un détecteur portatif de CO lors des inspections annuelles et des inspections aux 100 heures.

Continuer à inspecter l’ensemble du système d’échappement du moteur lors des inspections aux 100 heures et des inspections annuelles, de même qu’aux intervalles d’inspection recommandés par le constructeur d’aéronef et des motoristes, conformément à leurs instructions pertinentes d’entretien.

Utiliser un détecteur de CO lors de l’exploitation de votre aéronef. Un avertisseur de CO constitue un investissement très judicieux pour les propriétaires et les exploitants d’aéronefs d’ AG . Un détecteur de CO approprié, convenablement placé et muni d’une alarme réglée correctement, fournira un avertissement fiable et précoce en cas de niveaux élevés de ce gaz toxique, ce qui permettra au pilote de prendre les mesures qui s’imposent.

Bureau responsable :

Pour davantage de renseignements à ce sujet, veuillez communiquer avec un Centre de Transports Canada ou avec Ross McGowan, Maintien de la navigabilité aérienne à Ottawa, par téléphone au 1-888-663-3639, par télécopieur au 613-996-9178 ou par courriel à cawwebfeedback@tc.gc.ca.

Original signé par

Rémy Knoerr
Chef, Maintien de la navigabilité aérienne
Certification nationale des aéronefs

L’Alerte à la Sécurité de l’Aviation Civile ( ASAC ) de Transports Canada sert à communiquer des renseignements de sécurité importants et contient des mesures de suivi recommandées. Une ASAC vise à aider le milieu aéronautique dans ses efforts visant à offrir un service ayant un niveau de sécurité aussi élevé que possible. Les renseignements qu’elle contient sont souvent critiques et doivent être transmis rapidement par le bureau approprié. L’ASAC pourra être modifiée ou mise à jour si de nouveaux renseignements deviennent disponibles.